Grisaille pékinoise

Lorsqu’on arrive à Pékin, la première chose qui frappe est l’épais brouillard qui flotte sur la ville. Petite brume matinale ? Il n’est est rien. La capitale est recouverte d’une épaisse nappe  de pollution.

Officiellement, le ciel est au bleu fixe. Jusqu’à récemment, la municipalité qui contrôle le nombre de particules dans l’air, ne diffusait pas les données pour les tailles inférieures à 2,5 micromètres. D’après les autorités, les choses devraient changer…en 2016…

Or, en dessous de cette limite, les particules pénètrent profondément dans les systèmes respiratoires, ce qui les rend extrêmement nocives pour l’organisme. L’ambassade des Etats-Unis publie quotidiennement  les concentrations pour les tailles inférieures, tout en émettant un avis sur la qualité de l’air, bien trop souvent qualifié de dangereux pour la santé. Des dizaines de vols nationaux et internationaux sont ainsi annulés régulièrement pour limiter les émissions locales, et le gouvernement a dû limiter le nombre d’immatriculations annuel. De 740 000 en 2010, il a chuté à 240 000 en 2011. A noter que ces immatriculations étaient à gagner à la loterie, pour éviter tout contentieux !

En 2010, Pékin comptait 6 périphériques et 4,76 millions de véhicules, pour un taux de pénétration national d’environ 50 véhicules pour 1000 habitants, soit plus de 10 fois moins qu’en Europe. Le pire reste donc à craindre pour la santé des Pékinois, et des Chinois en général.

Mais les émissions de particules ne sont pas uniquement dues aux trafics routier et aérien; la capitale chinoise est entourée de centrales à charbon qui la fournissent en électricité. Difficile dans ces conditions de stopper la production et de plonger la ville dans le noir. Ensuite, contrairement à Shanghai, Pékin n’est pas située sur la côte; la ville ne bénéficie donc pas des vents océaniques qui pourraient dissiper ces particules.

Depuis 10 ans, l’asthme est en hausse, et le taux de cancers des poumons aurait augmenté de 60%, devenant ainsi la première cause de mortalité dans la capitale.

Aucune amélioration en vue pour Pékin, qui devra donc compter sur la volonté et la mobilisation de ses habitants pour que le soleil brille à nouveau sur la capitale.

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